l'arbre à loques d'hasnon

L’arbre à loques d’Hasnon.

 

S’il est un endroit fascinant et étrange dans la région, je pense que c’est celui-ci.  Actuellement, vous verrez sa silhouette d’un autre âge, l’âge des croyances païennes, le long de la D 40 qui sépare Saint-Amand de Wallers. Il se dresse près d’une petite chapelle blanche au toit aigu, dans un espace aménagé, qui témoigne, si besoin était, de la place de choix qu’on lui attribue. Le lieu est le lieu-dit des Glodennes.

 

Les différentes dénominations :

 

Le lieu bénéficie de diverses appellations : chapelle au bon dieu de Giblot (ou encore Gibloux), chapelle à loques, ou encore arbre à loques.

Nous verrons les origines de cette appellation Dieu de Giblot par la suite. Intéressons-nous à présent à son histoire.

 

 

 

L’héritage antique :

 

L’arbre est sacré dans la culture celte, il est le symbole qui unit les trois mondes : terrestre, céleste et sous-terrain.

A ce titre, il symbolise l’univers.

C’est pourquoi les païens lui accordaient une telle place dans leurs rituels.

Ils faisaient d’autant plus l’objet de vénération qu’ils se trouvaient près de lieux dits magiques telles que sources aux vertus guérisseuses.

« Les malades venaient se recueillir à leur pied et accrochaient à leurs branches un lambeau de flanelle avec lequel ils avaient frotté leur membre souffrant ou un morceau de l'étoffe qui avait recouvert une plaie. »[1]

 

Survint le christianisme. Dans son processus d’éradication des rites païens et de toutes ses manifestations, il leur fut parfois plus aisé de récupérer le mythe plutôt que de le détruire. Voici d’ailleurs les instructions sans équivoques du pape Grégoire le Grand (540-604) à ses missionnaires :

Il faut se garder de détruire les temples des idoles... c'est une chose bonne et utile qu'ils passent au service du vrai Dieu. Il ne faut détruire que les idoles…

 

Saint-Eloi, deux siècles plus tard, est d’un tout autre avis, mais ce qui importe ici, c’est le témoignage du rite de suspension d’objets aux arbres sacrés :

« Que nulle n’aille, quand vient la maladie, suspendre des bandelettes aux arbres ! »

 

Le concile de Leptines en 743 s’insurgera contre les

Phylactères et les ligatures qu’on attache aux arbres…

 

 

C’est fort probablement ainsi que notre arbre sacré des païens s’est vu rattaché une chapelle chrétienne, qui, depuis, ne l’a plus quitté (tout comme les fontaines et autres sources…).

La chapelle s’élevait jadis dans la forêt de Raismes, elle fut déplacée en 1980 lors de la construction de l’autoroute.

 

Les origines du bon Dieu de Giblou (Giblot).

 

Deux hypothèses sont possibles.

La première est celle proposée par monsieur Michel Drappier, Giblot désigne un mot d’origine franque, datant du VI ème ou VII ème siècle au moment où les campagnes étaient ralliées à la foi chrétienne par des apôtres comme Saint-Waast ou Saint-Amand. Ces régions étaient fortement marquées par la présence et la culture des francs.

Le mot Giblot désignait « tout objet inséré dans une foruche de bois, et plus spécialement la fourche d’un arbre. »

On peut donc penser que ce Dieu de Giblot n’ait été autre chose qu’une représentation du christ en croix. L’un d’eux avait vraisemblablement un sanctuaire dans la forêt d’Hasnon, à l’emplacement où sera construite la chapelle.

Cette théorie fort érudite se met en opposition avec la seconde qui trouve les origines (sans doute plus probable) dans une petite ville de Belgique, Gembloux.

 

 

Les origines belges du bon dieu de Gibloux. 

 

On pense que cette chapelle (l’originale dont il ne restait que des vestiges en 1980) a été construite après 1653, année durant laquelle s’est produit, à Gembloux en Belgique (sous l’abbatiat de Martin Draeck) un miracle dont le rayonnement devait arriver jusqu’à nous.

 

Gembloux à cette époque est une ville qui nourrit une grande dévotion pour l’enfant Jésus entouré de bandelettes de toutes sortes. A tel point qu’être accoutré comme le bon dieu de Giblou (Gembloux) devient proverbial.

Cela signifie être mal vêtu, déguenillé.

Giblou est la déclinaison en rouchis, patois valenciennois de Gembloux. Voilà donc pourquoi l’on parle du dieu de Giblou, dont l’origine est Gembloux.

 

Or donc, Le 8 mars de cette année 1653, il avait été décidé de déplacer la statue du sauveur flagellé, afin qu’elle se trouve dans une place plus claire et plus habite. […] Or, comme elle fut dressée sur l’autel où on avait destin de l’attacher, une grande quantité de sang commença en sortir et découler.

Il y eut 5 témoins de ce prodige : trois moines, un abbé et un professeur de théologie.

Malgré les tentatives de l’abbé Draeck pour étouffer l’affaire, elle se répandit comme une traînée de poudre en France en Allemagne et ensuite à toute l’Europe. 

La statue stigmatisée attira des foules de pèlerins venus de toute l’Europe et on lui attribua par la suite plusieurs guérisons miraculeuses.

Dès lors le culte du Dieu de Gembloux s’étendit considérablement et d’innombrables chapelles à sa gloire s’érigèrent dans les pays voisins, dont notre bonne vieille région.

 

L’histoire de la chapelle.

 

 

Quand fut érigée la première chapelle ?

 

C’est une question à laquelle il est difficile de répondre avec précision.

Bien avant le XVII ème siècle les moines d’Hasnon, de Saint-Amand et de Vicoigne se rassemblaient et s’y rendaient en procession avec les gens des villages.

 La révolution jeta bas cette chapelle dont il ne subsista que quelques ruines.

 

La seconde chapelle.

Elle fut restaurée en 1849, par Mr Magnier, inspecteur des travaux d’art. Elle était petite et faite de pierres blanches.

 

La troisième chapelle.

La guerre ne devait pas épargner notre lieu sacré et, après la seconde guerre mondiale, elle fut reconstruite et coulée en un seul bloc de béton et inaugurée en 1952.

On y replaça la statue de fonte (fabriquée en 1899) qui avait remplacé une statue de bois offerte par les moines de Gembloux à ceux d’Hasnon et brûlée à la révolution.

 

 

 L’arbre à loques aujourd’hui.

 

Il s’agit d’un charme à l’écorce foncée.

A quelques mètres se trouve la chapelle.

 

A l’intérieur, une plaque de marbre en rappelle les origines :

« Jésus flagellé / imploré par tous ceux qui souffrent / sous le nom de Dieu de Gibloux / cette dévotion nous vient de / Gembloux Belgique. »

 

Elle se situait dans la forêt de Raismes jusqu’en 1980, comme il a été dit et à cette époque on accrochait les pans de vêtements sur les buissons autours.

 

 

Comment demander la guérison ?

 

Il vous suffit de porter un vêtement sur la partie souffrante puis de venir l’y suspendre en priant le Bon Dieu de Gibloux.

Mais attention, avant tout, il faut y croire !

 

    Prière à Jésus Flagellé.

 

 

  O Jésus, objet de ma compassion,

me voici prosterné devant votre sainte image, adorant les plaies sacrées de votre corps flagellé,

le précieux sang versé pour nos péchés et, par-dessus tout, le grand amour dont témoignent ces souffrances endurées et ce sang répandu.

  O Jésus, qui avez tant souffert,

apprenez-moi à supporter l'épreuve avec patience, résignation et amour...

Je vous offre mes peines et mes souffrances en union avec celles que vous avez endurées au cours de votre douloureuse et sanglante flagellation.

Je vous les offre en expiation de mes péchés, et pour la conversion des pécheurs.

  O Jésus, qui au cours de votre vie mortelle, avez soulagé et guéri les malades qui venaient à vous avec foi,

guérissez mon corps de la maladie et mon âme du péché.

Dites seulement une parole et je serai guéri.

  O Jésus qui avez secouru tant de misères et séché tant de larmes,

je vous en supplie, venez à mon aide...

Mais que votre volonté soit faite et non la mienne : je m'abandonne à vous, j'ai confiance en vous.

             Jésus flagellé, ayez pitié de moi !

             Jésus flagellé, ayez pitié de moi !

             Jésus flagellé, ayez pitié de moi !

 

                          Ainsi soit-il.

 

 

 

 Où le trouver :

 

D40, 59178 Hasnon, France 
GPS geo-coordinates: lat: 50.4157, lon: 3.4079

 

 

 

 Quelques témoignages :

 

Voici celui d’Alison M :

 

Ma sœur a manqué de mourir il y a plusieurs années maintenant à la suite d'une opération (très grosse hémorragie) elle a dû être opéré à 3 fois consécutivement. À l'époque j'étais âgée de 17 ans. Je ne me souviens pas de signe inhabituel... Mais ma sœur s'en est sortie... Pareil pour mon neuve âgé maintenant de 19 ans. Moi j'avais 14ans à l'époque il est né très grand prématuré (6 mois de grossesse) je me souviens de ma mère allant déposer un vêtement de mon neveu et demander sa guérison. Après plusieurs semaines passées en couveuse et plusieurs rechutes il s'en est miraculeusement sorti...

 

Caroline L :

 

Bonjour, Concernant l’arbre à loque, j'y ai accroché une culotte car après plusieurs fausses couches on m'avait parlé de cet arbre. Quelques mois plus tard j'ai eu mon bébé. Superstition ? ????? Je ne sais pas mais ça a marché !

 

Christiane B :

 

Je ne suis pas croyante mais j'y suis allée et j'y ai mis par 2 fois un foulard et un mouchoir appartenant à deux personnes différentes qui ne savaient pas avoir d'enfants... elles ont fini par en avoir peu de temps après... on y croit ou pas ... le principal ça ne fait de tort à personne ! je sais que la construction de la route a fait qu'ils ont déplacé l'arbre et la chapelle....

 

 

 

[1] Bachybouzouk internet